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Chanvre

Le chanvre fait lentement son entrée dans les industries du ciment et de la construction

Le chanvre a dû relever quelques défis pour pénétrer les marchés existants et établis

Le ciment est bon marché, facile à travailler et constitue la norme de la construction moderne depuis des décennies mais l’industrie mondiale du ciment est également responsable de 8% des émissions de carbone.

Dans un effort pour atténuer son empreinte carbone, divers producteurs de ciment et de béton du monde entier ont récemment annoncé une feuille de route visant à atteindre des émissions nettes de béton nulles d’ici 2050, et à réduire les émissions d’un quart d’ici 2030.

L’un des moyens d’y parvenir est le béton de chanvre, qui enferme le carbone au lieu de le libérer, d’après Tommy Gibbons, cofondateur et directeur de Hempitecture.

Son entreprise, basée à Ketchum, dans l’Idaho, fabrique de l’isolation en chanvre et a reçu une subvention du programme Innovative Crossroads du ministère de l’énergie pour la recherche et le développement de l’isolation en chanvre.

« De nombreux autres matériaux d’origine végétale peuvent avoir des qualités comparables mais de façon moins durable et avec des émissions de carbone plus importantes comparé au chanvre. »

Le béton de chanvre est fabriqué en mélangeant de la chènevotte avec de la chaux. Le mélange devient une substance moulable qui est façonnée en un bloc, créant ainsi un matériau léger utilisé pour les murs et l’isolation.

Malgré sa capacité à lutter contre les parasites, les moisissures, et même les incendies grâce à sa masse thermique, la construction en chanvre est encore peu utilisé, mais son marché attend de percer. C’est une industrie naissante et le chemin est encore long à parcourir, explique Roland Gyallay-Pap, l’un des fondateurs de l’association Roky Mountain Hemp Build bassée à Boulder.

« Toutes les industries sont aujourd’hui amenées à devenir plus durables », ajoute M.Gyallay-Pap. »

« Le secteur de la construction s’est fixé comme objectif de devenir neutre en carbone d’ici à 2030, et les méthodes de construction alternatives suscitent un grand intérêt. Le problème est que dans certaines parties des États-Unis, il y a une stigmatisation du chanvre lui-même, ce qui prend du temps à surmonter. »

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Il y a un autre problème. Les États-Unis ont légalisé la production de chanvre il y a seulement trois ans, après avoir adopté la loi agricole de 2018.

Mis à part la stigmatisation persistante, et l’éducation limitée sur la plante, la culture du chanvre aux États-Unis depuis la légalisation s’est concentrée sur sa production pour extraire le CBD et d’autres cannabinoïdes non intoxicants. Alors que l’industrie du CBD connaît une surabondance, la chaîne d’approvisionnement industrielle non développée du chanvre est restée confinée dans un marché de niche.

Pourtant, l’intérêt pour la culture du chanvre à des fins autres que la production de CBD et d’autres cannabinoïdes ne cesse de croître.

La fabrication de chanvre pour les matériaux de construction a suscité un intérêt considérable et s’est développée dans des pays comme le Canada et l’Europe, et certains pensent que les États-Unis connaîtront une tendance similaire.

« Les pays européens font des choses similaires pour les bâtiments plus récents, et le gouvernement américain semble s’y intéresser aussi », a déclaré Gibbons.

« Il y a des signes qui montrent que cela pourrait être la direction que prend l’industrie dans son ensemble ».

Comparé aux Etats-Unis, où il y a environ 200 millions de maisons en chanvre, en France, il y en a environ 2 millions, selon Gyallay-Pap.

L’idée d’utiliser le chanvre comme méthode alternative de construction est née en France dans les années 1980.

« Le pays était à la recherche de matériaux à utiliser pour rénover des bâtiments séculaires qui avaient été construits avec du ciment Portland », explique Roland Gyallay-Pap.

Les dirigeants français ont trouvé que le chanvre était la meilleure des solutions en raison de son isolation fiable et légère et sa capacité à retenir la chaleur sans risque de moisissures ou de parasites.

La France n’a jamais interdit la production de chanvre, ajoute M. Gyallay-Pap. Au fur et à mesure que l’industrie a progressé et que des pays comme le Canada et d’autres pays d’Europe ont dépénalisé le chanvre il y a des années, ils ont également pris la tête du marché de la construction en chanvre.

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L’année dernière, le fabricant de chanvre basé aux Pays-Bas et le plus grand producteur indépendant de chanvre en Europe, HempFlax, a acquis le producteur allemand d’isolation en fibres naturelles, Thermo Natur GmbH & Co.

En août dernier, la société canadienne Global Hemp Group a signé un contrat pour l’achat de plus de 800 acres de terrain à Hayden, dans le Colorado, pour lancer son projet HAIZ, qui vise à développer des logements abordables fabriqués à partir de matériaux de chanvre au cours des deux prochaines décennies.

Répondre à une demande croissante

Le chanvre a dû relever quelques défis pour pénétrer les marchés existants et établis.

Mais son potentiel est en train de se révéler, et M. Gyallay-Pap et son partenaire commercial, Eamonn McNaughton, cofondateur de Rocky Mountain Hemp Build, ont constaté une augmentation du nombre de clients intéressés par l’intégration du chanvre dans leurs maisons et leurs bâtiments.

Situés dans le plus ancien État producteur de chanvre du pays, McNaughton et Gyallay-Pap travaillent avec plusieurs cultivateurs de chanvre du Colorado, mais l’accès à la chaux est délicat en raison de la perturbation de la chaîne d’approvisionnement causée par la pandémie.

« Le chanvre est une partie importante du matériel, mais la chaux est l’autre partie importante », a déclaré McNaughton.

En raison des frais d’expédition de calcaire depuis l’étranger, lui et Gyallay-Pap ont trouvé une stratégie commerciale lucrative en incorporant une petite quantité de ciment Portland conventionnel dans leur recette de béton de chanvre.

Bien que les adeptes de la durabilité puissent se moquer de cette idée, le duo affirme que l’empreinte carbone de l’expédition de plus de calcaire depuis l’étranger dépasse de loin l’inclusion d’une petite quantité de ciment produit de manière conventionnelle.

« Le monde du béton est un grand, grand monde », a déclaré Gyallay-Pap. « Nous serons la petite hache qui coupe le grand arbre ».

https://hempindustrydaily.com/hemp-slowly-making-inroads-in-the-cement-and-construction-industries/


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