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Science

D’où provient vraiment l’odeur particulière de la weed et pourquoi les terpènes ne suffisent pas

Identification d’une nouvelle famille de composés soufrés volatils prénylés dans le cannabis

Vous avez appris que les terpènes du cannabis sont à l’origine des arômes spécifiques du cannabis. Et bien, savez-vous que les terpènes ont aussi un rôle important dans ce phénomène mais la véritable origine de l’odeur unique de la weed semble bien plus complexe. La meilleure preuve étant que toutes les tentatives d’imitation de l’odeur du cannabis dans certains produits ou extraits de terpènes, sentent au mieux comme votre assainisseur des toilettes parfum citron. Une nouvelle recherche nous en dit plus.

D’où vient l’odeur âcre suave et terreuse du cannabis, qui pour certaines variétés peuvent atteindre le niveau de « puanteur » qu’on a dénomme « skunk ». Ce terme est généralement destiné à qualifier un cannabis qui a une odeur particulièrement puissante et piquante, mais pourquoi le cannabis diffuse-t-il cette odeur et celle-ci ressemble-t-elle vraiment à l’odeur que repend un putois ?

La variété originale, appelée Skunk, est une variété indépendante de cannabis originaire des États-Unis et développée pour la première fois au début des années 1970. Du cannabis d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud et avec des variétés d’Asie tropicale. Cela crée une variété forte qui peut pousser à l’extérieur, dans les climats chauds ou humides qui existent aux États-Unis comme le nord de la Californie, et dans les serres aux Pays-Bas ou sous des lampes.

Pourquoi les terpènes seuls ne suffisent pas ?

Les recherches antérieures sur l’odeur du cannabis se sont principalement concentrées sur des substances appelées terpènes (ou « terpénoïdes », comme on les appelle officiellement). Ce sont des molécules avec une large gamme d’odeurs – carburant, bois, agrumes, fleurs et plus – qui sont responsables des divers arômes du cannabis et existent en fait dans toutes les plantes et sont également responsables de leurs arômes.

Différentes variétés de cannabis produisent différents mélanges de ces molécules de terpénoïdes, donnant à chaque variété son propre parfum unique. Bien que les terpènes soient à l’origine de la plupart des composés olfactifs et aromatiques du cannabis, les auteurs de la nouvelle étude affirment qu’il y a peu de chance qu’ils soient également ceux qui produisent cette odeur particulière de « putois ».

L’équipe a testé des fleurs de 13 variétés de cannabis différentes à l’aide d’un système avancé et personnalisé composé de trois types différents de détecteurs d’odeur.

Après l’analyse mécanique, un panel de quatre personnes a évalué le piquant de chaque souche sur une échelle de 0 à 10. Les résultats ont montré que la souche de cannabis la plus piquante testée, une souche appelée Bacio Gelato, avait également la plus forte concentration de composés soufrés.

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De plus, les auteurs de l’étude ont identifié sept types différents de ces composés dans la fleur de cannabis particulière testée. En outre, l’équipe a également trouvé plusieurs types de composés dans les autres souches de cannabis testées.

En tout, cinq des composés soufrés trouvés dans les variétés de cannabis avaient des odeurs de mouffette ou de soufre. L’un d’eux, un composé appelé « 3-méthyl-2-butène-1-thiol » (ou VSC3), était le plus souvent identifié dans les plantes de cannabis que le panel « odorant » a classé comme ayant l’odeur la plus piquante.

Même dans une expérience inversée

Afin de prouver que le composé soufré VSC3 est bien le responsable de l’odeur de « skunk » du cannabis, les chercheurs ont mené une expérience de « reverse engineering », dans laquelle ils ont essayé d’imiter artificiellement l’odeur de la souche Bachio Gelato, précédemment classée comme ayant l’arôme de la ‘Skunk’ la plus puissante.

Si l’odeur du cannabis était en effet déterminée uniquement par les terpènes comme on le pensait jusqu’à présent, alors une combinaison artificielle de ces terpènes présents dans la fleur était censée produire la même odeur. Les chercheurs ont donc analysé les concentrations des différents terpènes dans la fleur de cannabis Bachio Gelato, puis se sont concoctés un mélange artificiel des 10 terpènes présents à la concentration la plus élevée.

Le rapport des divers terpènes dans le mélange artificiel était le même que leur rapport mesuré dans la fleur de cannabis, afin de l’imiter le plus précisément possible.

De plus, ils ont créé un autre mélange de terpènes, qui était exactement le même que le premier mélange, à l’exception du fait que les chercheurs y ont ajouté le composé soufré VSC3 à la même concentration qu’il existe dans les fleurs de bachio gelato, une concentration de seulement 0,01 %. C’est une concentration très faible, mais c’est un composé particulièrement puissant qui produit une forte odeur même à très faible dose. En fait, la concentration minimale du composé VSC3 dans la plante est exactement la raison pour laquelle il n’a pas été identifié jusqu’à présent.

Les chercheurs ont ensuite demandé au panel de juges des odeurs d’évaluer dans quelle mesure l’odeur du mélange de terpènes qu’ils ont brassé était similaire à l’odeur de vraies fleurs de bachio gelato. Les résultats de l’expérience ont montré que l’odeur du mélange de terpènes était quelque peu similaire à celle des fleurs de cannabis qu’il était censé imiter, mais toujours très différente.

Les chercheurs ont répété ce test d’odeur une fois de plus, mais cette fois avec son mélange de terpènes, ils ont également ajouté du VSC3 à la concentration à laquelle il est présent dans la fleur. Contrairement à un mélange qui ne contenait que des terpènes, le mélange qui contenait à la fois des terpènes et du VSC3 a été évalué par les juges des odeurs comme ayant une odeur beaucoup plus odorante que celle du cannabis qu’il était censé imiter.

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L’extraction de terpènes ne fait pas le travail

Les résultats de cette expérience de « reverse engineering » peuvent expliquer pourquoi les produits artificiels développés ces dernières années, conçus pour imiter les saveurs et les arômes de la plante de cannabis et de ses diverses variétés, ne parviennent pas à le faire avec précision.

Les terpènes sont récemment devenus un produit de plus en plus populaire et les entreprises produisent sur leur base, entre autres, des filtres, des papiers à rouler, des succédanés de tabac et divers extraits de parfums censés ressembler à des saveurs et des arômes spécifiques de différentes variétés de cannabis, La raison en est probablement que ces produits sont tous à base de terpènes uniquement.

Par exemple, ce qui est vendu comme un « substitut de tabac aromatisé OG Kush » est en fait un substitut de tabac (un mélange d’herbes à fumer) auquel le fabricant a ajouté artificiellement les mêmes terpènes qui existent dans la variété de cannabis OG Kush. Le fait que ces produits soient uniquement à base de terpènes et ne contiennent pas le composé VSC3, peut expliquer au moins en partie la (grande) différence de goût et d’odeur entre eux et le cannabis qu’ils sont censés imiter. Il est également possible qu’en plus des terpènes et du VSC3, il existe d’autres substances dans la plante qui n’ont pas encore été identifiées et qui sont également responsables d’une partie de cette lacune.

À ce stade, les chercheurs se sont demandé quand le cannabis répandait la plus forte odeur provenant de ces composés soufrés dégoûtants. Grâce à des expériences en serre, l’étude a révélé que l’odeur des composés est la plus forte vers la fin de la phase de floraison et atteint son intensité maximale au stade où les producteurs placent les fleurs dans un récipient hermétique, pour préserver leurs saveurs et arômes dans un processus appelé durcissement.

Il convient de noter que le composé soufré n’est pas seulement malodorant mais peut également, selon les chercheurs, offrir des avantages pour la santé similaires aux molécules trouvées dans les plantes d’ail.


Tags : plantes médicinalesRechercheSkunkTerpène
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