Le gouvernement du Botswana annonce son soutien au chanvre après avoir publié une réglementation stricte
Le Botswana semble enfin évoluer en matière de chanvre industriel, après avoir publié le mois dernier une nouvelle réglementation sur le cannabis qui autorise la culture, la transformation, le transport, la recherche et le commerce, mais tous les acteurs concernés ne se réjouissent pas de cette évolution.
Dans le nouveau cadre réglementaire, le chanvre n'est pas défini comme une catégorie juridique distincte. Le gouvernement utilise plutôt le terme « cannabis industriel », avec une teneur maximale en THC de 0,7 %. Le CBD et la marijuana restent illégaux.
La culture est réservée aux opérateurs agréés dans des catégories spécifiques, notamment la culture commerciale, les pépinières et la production de semences. Les licences sont délivrées pour trois ans et sont soumises à inspection et renouvellement.
Les détracteurs affirment que ces règles créent l'un des systèmes de contrôle du cannabis les plus stricts du continent africain, allant au-delà des attentes des parties prenantes et privilégiant la conformité, le capital et les capacités institutionnelles plutôt qu'une participation plus large. Les militants ont appelé à la reconnaissance des usages culturels et du potentiel du chanvre en matière de sécurité alimentaire, tandis que d'autres opposants se demandent si la réglementation permettra de créer des emplois significatifs.
Dans le cadre de ce système strictement contrôlé, les candidats à une licence doivent également fournir des documents détaillés, notamment des plans du site avec les coordonnées GPS, une habilitation de sécurité, des plans de gestion des cultures, des protocoles de test du THC et une preuve de leur capacité financière. Les installations de fabrication doivent répondre à des normes de sécurité et de contrôle qualité définies. Les licences de fabrication sont valables cinq ans et peuvent être suspendues ou révoquées en cas d'infraction.
Le transport est considéré comme une activité contrôlée, avec des exigences en matière de sécurité des véhicules et de procédures documentées de chaîne de contrôle. La recherche est désignée comme une catégorie distincte de licence couvrant les essais de sélection, les études agronomiques et le développement de produits.
Les importations et les exportations sont autorisées, mais soumises à des procédures strictes de documentation et d'approbation.
Tous ces exigences, ont également déclaré certains politiciens, sont élitistes et empêchent les agriculteurs ordinaires et les acteurs ruraux de participer à l'économie du chanvre.
Par ailleurs, le cannabis industriel et médical a été identifié comme faisant partie du programme de diversification économique du président Duma Boko. M. Boko, qui a pris ses fonctions en novembre 2024, a suggéré qu'une industrie du chanvre solide pourrait aider le pays dans ses efforts pour réduire sa dépendance vis-à-vis des diamants, qui représentent une part importante des recettes étrangères du Botswana.
Le ministre des Finances, Ndaba Gaolathe, a déclaré ce mois-ci que le gouvernement soutiendrait les efforts visant à stimuler le développement du chanvre dans le cadre d'une initiative plus large en faveur de l'agriculture.
« Cette initiative sera mise en œuvre par étapes, en commençant par des essais à l'Université du Botswana pour l'agriculture et les ressources naturelles, puis en s'étendant progressivement aux agriculteurs botswanais qui manifestent leur intérêt et leur capacité à participer à ces nouvelles chaînes de valeur », a déclaré M. Gaolathe.
Il a ajouté que la diversification par l'agriculture nécessitera des technologies agricoles modernes, le développement d'agro-industries et des solutions élargies en matière d'énergie verte. Le secteur agricole s'est vu allouer 1,77 milliard de pula (135 millions de dollars), soit 7,59 % du budget national consacré au développement agricole, y compris le soutien à la production de cannabis et à son cadre réglementaire.
Ce mois-ci, le Botswana a délivré la deuxième licence de cannabis de son histoire à Hemp Innovations Botswana, qui est liée à la société suédoise Hemp Innovations Europe AB.
La société suédoise a déclaré avoir signé un accord avec le gouvernement du Botswana pour aider à lancer les secteurs du chanvre et du cannabis médical dans le pays, et travaille avec plusieurs ministères et autorités sur un programme pilote initial.
La première licence de chanvre au Botswana a été accordée à la société Fresh Standard Limited, basée à Gaborone, en 2018, mais elle a ensuite été révoquée par les autorités. Bien que la licence ait été rétablie en 2022 après un recours devant la Haute Cour, la société a disparu de la scène publique sans avoir mis en place d'activité commerciale visible.
Le climat aride du Botswana et ses quelque 3 200 heures d'ensoleillement annuel en font un pays propice aux cultures nécessitant des conditions chaudes et sèches. L'agriculture traditionnelle s'est concentrée sur les cultures et le bétail résistants à la sécheresse, mais les précipitations limitées continuent de freiner la productivité.
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Crédit image : Hemptoday





