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Chanvre

L’association européenne du chanvre travaille pour la réalisation d’un véritable marché unique du chanvre en Europe

EIHA – La voix de l’industrie européenne du chanvre

L’Association européenne du chanvre industriel défend la réglementation du chanvre dans l’ensemble de l’UE, montrant ainsi l’exemple de ce qu’une voix unifiée dans l’industrie peut accomplir. Au cours des 20 dernières années, l’Association européenne du chanvre industriel (EIHA) s’est efforcée d’établir une industrie du chanvre viable en Europe. Le message de l’EIHA au monde du chanvre est clair : « Avoir trop d’associations dilue leurs messages, affaiblit les points importants », déclare Lorenza Romanese, directrice générale de l’EIHA, ajoutant qu’avoir « une seule association centralisée permet une présence plus forte et plus unifiée. »

L’EIHA est une organisation de membres qui représente les intérêts communs des agriculteurs, producteurs et négociants de chanvre travaillant avec la fibre, les anas (hurd), les graines, les fleurs et les cannabinoïdes dans l’Union européenne (UE).

Les agriculteurs de l’UE opèrent dans le cadre du système agricole de leur pays, de la même manière que les producteurs américains opèrent dans le cadre de leur État. EIHA répond aux objectifs et aux préoccupations des agriculteurs de différents horizons en promouvant des réglementations qui profitent à l’industrie européenne du chanvre dans son ensemble.

Certaines lois européennes sont contraignantes et doivent être suivies, tandis que d’autres sont des recommandations. Les états membres peuvent établir leur propre législation. Cependant, la plupart des membres suivent les directives de l’UE, et ce qui est décidé au Parlement européen, l’organe législatif directement élu de l’UE, est finalement important pour tous les producteurs de chanvre en Europe.

L’EIHA aide à établir les normes internationales en identifiant les obstacles qui limitent l’industrie européenne du chanvre, en expliquant aux législateurs de l’UE pourquoi il est important d’établir des réglementations transparentes basées sur des preuves scientifiques, et en construisant le soutien majoritaire nécessaire pour mettre en œuvre le changement.

L’EIHA a contribué à apporter des changements qui permettent aux agriculteurs européens de cultiver le chanvre de manière rentable tout en augmentant la production. Les groupes nord-américains et internationaux qui cherchent à obtenir des changements similaires peuvent apprendre en imitant les succès de l’EIHA.
Depuis le début

L’EIHA a vu le jour à Cologne, en Allemagne, en 2002. Depuis son lancement, son réseau s’est développé et s’est établi dans plus de 25 des 27 Etats membres de l’UE et dans 12 pays non-membre de l’UE, y compris dans certains états de l’Amérique du Nord et dans certaines régions de l’Asie et du Pacifique.

L’EIHA a déménagé son bureau principal à Bruxelles, en Belgique, en 2019 pour favoriser un contact plus étroit avec les institutions de l’UE et mieux faire pression pour l’avenir du chanvre en Europe.

Aujourd’hui, l’association agit au nom de plus de 250 membres, représentant l’ensemble de la chaîne de production du chanvre industriel, de la graine jusqu’à votre domicile.

Lutter pour le changement

L’organisation a déjà remporté de nombreux succès dans l’évolution de la réglementation européenne.

En octobre 2020, le Parlement européen a entériner une loi rétablissant le taux maximum de THC des cultures de chanvre en plein champs, de 0,2% à 0,3% en poids sec. Quelques mois plus tard, après que l’EIHA ait eu plusieurs discussions afin d’obtenir un compromis, la notification de la Politique agricole (PAC) commune a été adoptée.

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Cette disposition de la PAC entrera en vigueur en janvier 2023 et donnera la possibilité aux agriculteurs de recevoir des subventions pour la culture de variétés de chanvre enregistrées au catalogue de l’EU avec un niveau maximum de 0,3 % de THC. Les niveaux de THC autorisés pour la culture du chanvre varient selon les pays de l’Union européenne, par exemple en Italie le taux maximum autorisé est de 0,6 %, en République tchèque il est de 1 %, a noter que les agriculteurs de ces pays qui cultivent d’autres semences que celles validées par l’UE ne recevront pas de subventions.

« Petit à petit, nous sommes en train de réaliser un véritable marché unique du chanvre pour l’Europe et faire au mieux pour faciliter la vie des producteurs et des transformateurs de chanvre « a déclaré Lorenza Romanese, directrice générale de l’association.

La longue bataille de l’EIHA avec l’UE sur les niveaux de THC s’est déroulée sur une décennie. Dans un communiqué de presse publié l’année dernière, Lorenza Romanese expliquait : « Je suis fière de ce qui a été accompli. Nous avons travaillé dur pour que le chanvre ait la reconnaissance qu’il mérite dans la politique agricole commune. Je dirais que ce petit pas montre que les législateurs de l’UE sont plus près de reconnaître pleinement l’existence d’un secteur européen légitime du chanvre. »

Batailles en cours

Selon le communiqué de presse, le combat principal de L’EIHA consiste à faire reconnaître le chanvre comme étant une culture agricole comme une autre et que le chanvre n’est pas une plante qui ne servirait qu’à se droguer. Les membres de l’association souhaitent une politique transparente, fondée sur la science, ce qui permettrait au secteur européen de prospérer.

Dans l’état actuel des choses, tous les pays de l’UE ont leurs propres réglementations concernant le CBD. Certains pays réglementent divers produits à base de CBD dans le cadre de leur législation sur les drogues, tandis que d’autres pays le réglementent en tant que complément alimentaire.

« Le chanvre est la seule plante agricole qui est divisible en parties, la fleur, les graines et la fibre, avec des limites chimiques différentes. Pourtant l’industrie de la graine de pavot n’est pas tenu de respecter les limites autorisé des opiacés » explique Romanese.

Depuis que le marché du CBD se développe, il est important d’avoir une approche cohérente pour toutes les parties de la plante ainsi que pour tous les produits pouvant en être extraits du chanvre. Aujourd’hui certains agriculteurs peuvent vouloir cultiver du chanvre pour CBD plutôt que pour les graines ou les fibres.

Mme Romanese relève un autre sujet complexe et qui est un défi pour l’EIHA. Bien qu’à l’état naturel, les graines et les huiles ne contiennent pas de THC, celui-ci étant produit par les fleurs et rappelons le, réglementé à un taux maximal de 0,3 %, mais au moment de la récolte, les graines peuvent potentiellement contenir des traces de THC supérieures aux normes et qui vont se retrouver dans le produit fini.

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L’UE a défini les limites de THC dans les aliments, qui sont désormais conformes aux marchés internationaux, mais l’EIHA prévoit de poursuivre son travail avec des toxicologues cliniques pour mieux comprendre les limites de toxicité des cannabinoïdes, y compris le CBD et d’autres cannabinoïdes mineurs, dans l’alimentation humaine.

La commercialisation des cannabinoïdes mineurs présente également de nombreuses limites

Par exemple, depuis 2019, l’extrait de CBD des fleurs de chanvre est classé comme un « nouvel aliment ». Un nouvel aliment est défini comme un aliment qui n’avait pas été consommé à un degré significatif par les humains dans l’UE avant le 15 mai 1997, date à laquelle le premier règlement a été promulgué, explique Romanese.

« Nous sommes ici pour libérer tout le potentiel du chanvre et discuter tous ensemble de la manière de tirer le meilleur parti de toutes ses applications, du secteur textile aux composites, en passant par l’alimentation, les compléments alimentaires et les médicaments », – Daniel Kruse, président de l’EIHA.

Pour qu’un produit soit classé comme nouvel aliment, une entreprise doit obtenir une « autorisation préalable à la mise sur le marché » en fournissant des données scientifiques, notamment un rapport d’évaluation de la sécurité. L’EIHA aide les entreprises dans ce processus long et coûteux.

Autres initiatives

L’EIHA organise également une conférence internationale annuelle à laquelle participent des personnes du monde entier. Depuis sa création, elle est basée à Cologne, mais cette année, elle aura lieu à Bruxelles les 21 et 22 juin.

La 18e conférence annuelle de l’année dernière était un événement en ligne de trois jours dont le thème était « Chanvre pour l’Europe : Opportunités émergentes pour la relance verte ». Des représentants du Parlement européen et de la CE ont participé à l’événement pour la première fois en tant qu’orateurs principaux et panélistes. Ils ont souligné le rôle vital que joue le chanvre en tant que plante cultivée neutre en carbone – une étape clé pour atteindre les objectifs de protection de l’environnement du Green Deal de l’UE.

« Je pense que l’avenir des fibres textiles de chanvre se situera dans la production de tissus non tissés pour les usages agricoles et les emballages, ainsi que dans les mélanges tissés avec différentes fibres », explique Francesco. « Bien qu’il existe une demande du marché pour les fibres de chanvre européen, il n’y a pas de producteurs centralisés, l’offre est dispersée et de nouvelles installations de traitement sont nécessaires pour répondre à une demande croissante de fibres de chanvre et de produits d’anas. »

L’industrie du chanvre doit collaborer de plus en plus avec les institutions de recherche et les décideurs politiques pour éduquer et sensibiliser à la façon dont le chanvre pourrait proposer des solutions innovantes. Accueillir des membres de divers horizons au sein d’une seule organisation, comme l’a fait EIHA, est un défi nécessaire. Bien que le chanvre soit bénéfique pour de nombreuses utilisations, sans une voix centralisée, ces petites factions risquent de ne pas être entendues et les décideurs risquent de ne pas être informés.


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