Science et santé
Selon une nouvelle étude, l’ouverture de points de vente de cannabis récréatif pourrait contribuer à dynamiser les commerces situés à proximité en augmentant la fréquentation, les achats et le chiffre d’affaires.
Des chercheurs de la City University of New York, de la Northern Illinois University et de l’Université de Miami ont analysé la croissance du marché du cannabis, les achats effectués par carte de crédit et de débit, ainsi que les données socio-économiques et démographiques dans l’Illinois entre 2021 et 2024. Ils ont constaté que « l’ouverture de dispensaires de cannabis récréatif entraîne une augmentation d’environ 6,82 % du nombre de clients dans les établissements voisins, les transactions de 8,01 % et le chiffre d’affaires de 7,47 % ».
Les gains économiques se mesurent principalement à travers ce que les chercheurs appellent la « marge extensive » (fréquentation) par opposition à la « marge intensive » (fréquence d’achat). En d’autres termes, alors que le chiffre d’affaires par client et par transaction est resté pratiquement inchangé, le nombre total de clients entrant dans le magasin et le nombre total de transactions ont augmenté.
« Suite à l’ouverture d’un dispensaire, les établissements situés à proximité enregistrent une hausse du nombre de clients, du nombre de transactions et de leur chiffre d’affaires. »
« Suite à l’ouverture d’un dispensaire, les établissements situés à proximité enregistrent une hausse du nombre de clients, du nombre de transactions et de leur chiffre d’affaires. »
Cette étude, publiée sous forme de prépublication par le Social Science Research Network (SSRN) en attendant une éventuelle parution dans la revue *Production and Operations Management*, a également révélé que toutes les entreprises situées à proximité d’un nouveau point de vente de cannabis ne bénéficiaient pas des mêmes avantages : les établissements de restauration ainsi que les commerces de première nécessité ont enregistré des « gains significatifs », tandis que les commerces non essentiels n’ont constaté aucun changement majeur.
« Les produits alimentaires, les boissons et les articles achetés régulièrement peuvent être intégrés à un déplacement axé sur une destination sans nécessiter beaucoup de planification ou de recherche supplémentaire », indique l’article. « De nombreux achats non essentiels requièrent un besoin plus spécifique ou un engagement financier plus important. La proximité permet donc d’attirer des flux de clients supplémentaires, mais elle ne garantit pas qu’un établissement puisse transformer ces flux en demande. »
Les « retombées positives » étaient également « concentrées parmi les établissements appartenant à des chaînes, sans effets statistiquement significatifs pour les établissements indépendants », ont écrit les chercheurs. « Les chaînes peuvent tirer parti de la notoriété de leur marque, d’une offre standardisée et de systèmes d’exploitation bien rodés qui facilitent la captation d’une activité client supplémentaire. »
L’impact économique positif des dispensaires de cannabis se traduit par « une augmentation plus marquée du nombre de clients, du nombre de transactions et du chiffre d’affaires dans les quartiers plus accessibles à pied », selon cette étude, tandis que cet effet est « plus faible pour les établissements disposant d’une clientèle locale plus importante, ce qui suggère que les établissements dont la clientèle est plus dispersée géographiquement pourraient être mieux à même de capter la demande supplémentaire générée par l’activité liée aux dispensaires ».
« L’ouverture de dispensaires stimule l’activité commerciale dans les environs. »
« L’ouverture de dispensaires stimule l’activité commerciale dans les environs. »
L’analyse a également montré que la hausse du chiffre d’affaires est plus marquée le week-end, « lorsque les consommateurs disposent d’une plus grande flexibilité pour effectuer des déplacements vers une destination précise ou à des fins multiples ».
« Dans l’ensemble, nos conclusions suggèrent que les dispensaires récréatifs peuvent fonctionner comme des pôles d’attraction locaux générateurs de demande, en attirant une clientèle qui crée des opportunités pour les établissements environnants », indique l’étude.
Les chercheurs ont souligné que cette étude présentait certaines limites, notamment le fait qu’elle ne portait que sur les tendances observées dans un seul État et qu’elle s’appuyait sur des données d’observation plutôt que sur les registres de vente directs des établissements individuels.
« Cette étude montre que l’ouverture de dispensaires à usage récréatif peut redéfinir la demande au-delà du secteur du cannabis en générant de l’activité économique pour les commerces situés à proximité », conclut l’article. « Les retombées positives ne sont toutefois pas réparties de manière uniforme, ce qui indique que la proximité à elle seule ne détermine pas si les établissements environnants tirent profit de l’arrivée d’un nouvel acteur. Au contraire, la valeur des flux de clientèle générés par les dispensaires dépend des caractéristiques des commerces voisins et de l’environnement commercial local. »
Des études antérieures se sont également penchées sur les répercussions économiques de la légalisation du cannabis.
Une étude publiée l’année dernière a révélé que « le chiffre d’affaires des hôtels augmente de 25,2 % (soit 63 671 dollars par mois) suite à la légalisation des dispensaires, et que cet effet continue de s’amplifier même six ans après la légalisation ».
Une autre étude réalisée l’année dernière a montré que la valeur des logements dans les États ayant légalisé le cannabis avait augmenté, en moyenne, de 60 327 dollars de plus que celle des logements situés dans les juridictions où cette drogue reste interdite.
Une étude réalisée en 2021 a révélé que la légalisation de la consommation de cannabis à usage récréatif dans le Colorado avait entraîné une augmentation du nombre d’emplois et n’avait pas eu d’impact négatif sur la productivité des travailleurs.
Tom Angell est rédacteur en chef de Marijuana Moment. Fort de 25 ans d’expérience au sein du mouvement pour la réforme de la législation sur le cannabis et les stupéfiants, il traite des questions de politique, de science et de culture liées au cannabis, aux psychédéliques et à d’autres substances.
Il a auparavant travaillé comme journaliste pour Forbes, Marijuana.com et MassRoots. Il a reçu le prix Hunter S. Thompson Media Award décerné par NORML et a été nommé « Journaliste de l’année » par Americans for Safe Access.
En tant que militant, Tom a fondé l’association à but non lucratif Marijuana Majority et s’est occupé des relations avec les médias, des campagnes et du lobbying pour les organisations Law Enforcement Against Prohibition et Students for Sensible Drug Policy.
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Source : Marijuana Moment – Science : Marijuana Moment – Science


