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Le Maroc va créer une agence pour réglementer la culture du cannabis

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Le Maroc peut devenir un leader en recherche médicale

Le 4 avril dernier a été publié au journal officiel marocain le décret n°2.22.159 pour l’application de la loi relative à l’usage licite du cannabis. Une opportunité pour le Royaume qui pourrait bénéficier aux agriculteurs longtemps dénigrés. Reste à régler la délivrance des licences nécessaires pour l’utilisation légitime de cette plante qui possède de nombreuses qualités.

C’est une avancée majeur que vient de réaliser le Maroc aux grand bonheur des agriculteurs et des industriels pharmaceutiques grâce au nombreux avantages économiques que représente la légalisation de l’usage du cannabis. Le taux de croissance annuel du marché médical est de 30% et la demande du marché mondial du cannabis médical  » ne cesse de croître ».

Le cadre juridique étant mis en place, la loi n°13.21, spécifie les modalités d’obtention des licences, l’approbation des semences et des plantes, les méthodes de récolte et de destruction des impuretés, la déclaration des dommages et le processus des remises de licences. Les ministères de l’Intérieur, de la Santé et de l’Agriculture viennent de promulguer des arrêtés précisant les détails de délivrances de licence afin de pratiquer des activités liées au cannabis.

« Comment réussir dans le Cannabis médical au Maroc« . C’est la question à laquelle a tenté de répondre Pr Redouane Rabii, président de l’Association marocaine consultative d’utilisation du cannabis (AMCUC), dans le cadre du 1er Congrès national de l’innovation thérapeutique.

Dans son intervention, le président de l’AMCUC, affirmé que la légalisation du cannabis thérapeutique au Maroc offre une belle occasion de s’ériger en pays leader en matière de recherche sur le cannabis médical, mettant l’accent sur l’importance d’établir un environnement propice à la recherche médicale tout en étant en harmonie avec les standards internationaux et la vision des autorités marocaines.

Le marché mondial du cannabis médical représente environ 60% du marché mondial légalisé, a indiqué Redouane Rabii. Un indice qui permet au Maroc de pénétrer facilement les marchés internationaux grâce à ses multiples atouts, notamment les conditions naturelles et climatiques favorables, la proximité des marchés émergents européens et africains, et l’abondance de capacités logistiques.

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Raison pour laquelle le Pr Rabii a mis en avant l’importance d’identifier des activités génératrices de revenus alternatifs pour mettre fin au statut illégal des agriculteurs afin qu’ils rejoignent la culture du cannabis thérapeutique. Il faut également promouvoir les diplômes universitaires, développer des formations ainsi que des essais cliniques et autres études.

Conscient des bienfaits thérapeutiques de cette plante, Pr. Rabii a affirmé que le cannabis médical peut traiter nombre de maladies incurables actuellement. Il a en ce sens cité un nombre de pathologies connues pour leur sensibilité au cannabis telles l’Alzheimer, la sclérose latérale amyotrophique, le cancer, la douleur chronique, le glaucome, l’inflammation, la migraine et la dégénération du système nerveux.

Cela dit, le spécialiste a insisté sur l’importance de la standarisation des produits du Cannabis médical, précisant que les produits du cannabis approuvé pour usage médical doivent répondre aux normes d’industrie pharmaceutique très développés et doivent être marqués « IMC- Medical Grade« .

Le Maroc pourrait tirer profit des modèles américain et israélien « très réussis en la matière« , a-t-il précisé.

Six nouveaux arrêtés viennent renforcer le cadre juridique de l’usage légal du cannabis, dans le cadre de la loi n°13.21 autorisant les usages licites de cette plante, suite à leur publication au Bulletin officiel (BO), jeudi 2 juin 2022.

Un arrêté conjoint du ministre de l’Intérieur, du ministre de la Santé et de la Protection sociale, du ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural, des Eaux et forêts et du ministre de l’Industrie et du Commerce détermine la proportion maximum de tétrahydrocannabinol (THC) dans les variétés de cannabis autorisées à la culture et à la production.

Ainsi, le taux autorisé de THC au Maroc ne doit pas dépasser 1%, à l’exception des plantes et produits destinés à un usage médical et pharmaceutique, en vertu des articles 6 et 17 de la loi 13.21, relative aux usages licites du cannabis.

A titre de comparaison, le taux de THC autorisé en Europe est récemment passé de 0,2% à 0,3%, et il doit être inférieur à 1% en Suisse et en Tchéquie.

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Les autres arrêtés portent notamment sur les modalités de délivrance des autorisations d’exercice des activités relatives au cannabis, les modèles de registres et les modalités de leur tenue par l’Agence nationale de réglementation des activités relatives au cannabis (ANRAC) et par les titulaires des autorisations d’exercice des activités relatives au cannabis et sur les conditions et les modalités de certification des semences et des plants de cannabis par l’agence.



Il s’agit également de fixer les modèles de contrat de vente des récoltes de cannabis, du procès-verbal de livraison desdites récoltes et des procès-verbaux de destruction des excédents de production de cannabis, de ses semences, de ses plants, de ses récoltes et de ses produits.

La décision est le résultat d’une réunion jeudi sous la présidence du ministre de l’Intérieur Abdelouafi Laftit et a impliqué le conseil d’administration de l’Agence nationale de régulation des activités cannabiques (ANRAC) qui a approuvé la structure organisationnelle et le budget de l’organisme pour cette année.

L’agence mettra également en place les premières coopératives de transformation et de fabrication, composées exclusivement de producteurs locaux.

En mars, le gouvernement marocain a légalisé la culture du cannabis à des fins médicales et industrielles dans trois provinces du nord, à savoir Al-Hoceima, Chefchaouen et Taounate, situées dans la région montagneuse du Rif.

D’autres provinces pourraient être ajoutées « en fonction de l’intérêt manifesté par les investisseurs nationaux et internationaux pour les activités liées à la chaîne de production du cannabis », selon le ministère de l’Intérieur.

En juillet de l’année dernière, le Maroc a adopté une légalisation légiférant la production et l’exportation de cannabis, mais les restrictions sapent la compétitivité de l’industrie. Malgré ça, le Maroc reste le premier producteur mondial de cannabis illicite.

Selon Marocco World News, l’ouverture progressive de l’industrie du cannabis va offrir, au royaume, des centaines de nouveaux emplois et des recettes fiscales pour le Trésor, mais le Maroc fait face à des restrictions strictes qui ont empêché les entreprises marocaines d’exporter vers les marchés internationaux où le cannabis médical est en fortes demandes comme en Allemagne et en Israël.


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