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Pourquoi la puissance du cannabis varie-t-elle encore d’un pays européen à l’autre?

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Bien que la puissance du cannabis ait augmenté dans presque tous les pays européens entre 2006 et 2016, des différences substantielles persistent entre les pays, avec des conséquences importantes pour la santé publique. Parmi les explications possibles des variations du marché du cannabis à travers l’Europe, on peut citer les goûts (côté demande) et les différences de prix
due à la répression (côté offre).

Une des caractéristiques du marché des drogues illicites est la variabilité inexpliquée des caractéristiques des produits entre les pays. Par exemple, les marchés s’équilibrent à une pureté étonnamment différente. Comme nous avons pu le constater dernièrement avec la résine Madrilène.

Pour les drogues dures l’indice de pureté est importante face au risques d’overdose

Selon le docteur Tom Freeman membre actif de l’ Association britannique de psychopharmacologie aucune étude ne donne un aperçu de ce qui détermine la pureté à laquelle un marché s’équilibre, mais la pureté peut être importante pour les risques de surdose. Dans le cas du cannabis il n’y a pas d’overdose ….

Freeman apportent de nouvelles observations à ce puzzle d’équilibres variables sur les marchés nationaux. Ils présentent des données sur la puissance du cannabis [mesurée par le pourcentage de tétrahydrocannabinol (THC)] dans 21 pays européens au cours de la période 2006-16.

Si l’on met de côté les Pays-Bas, avec leur marché quasi légal pour le cannabis et leur puissance immuable de 15%, la fourchette de 2016 est d’environ 3-15%, alors qu’en 2006 elle était d’environ 0,5-10%. Des tendances similaires peuvent être observées pour la résine de cannabis. Il y a peu de signes de convergence ou d’une harmonisation entre les marchés.

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Qu’est-ce qui pourrait expliquer ces différences persistantes dans la puissance du cannabis ?

Trois hypothèses : une du côté de la demande et deux du côté de l’offre.

Des préférences nationales divergentes : pour diverses raisons, les marchés de l’alcool ont montré des différences persistantes dans les parts de la consommation d’alcool que représentent le vin, les spiritueux et la bière. Bien qu’il existe en Europe des signes d’une certaine convergence, du moins en partie en raison de politiques fiscales et réglementaires plus uniformes, les différences transnationales dans ces parts restent importantes.

Dans certains pays, les consommateurs préfèrent une puissance plus élevée, ou du moins se sont habitués à un cannabis fort. Durant c’est 10 dernière années, le classement des pays a connu des changements
marqués. Par exemple, la Croatie est passée de l’avant-dernière puissance (en THC) la plus faible en 2006 à la sixième en 2016. La France toujours numéro un. Bien que la variation du goût joue certainement un certain rôle, cela n’est pas compatible avec les préférences de consommations.

Variation dans l’application de la loi : la puissance du cannabis est une conséquence de la façon dont il est produit. La culture en intérieur, qui est souvent associée à un cannabis plus puissant, réduit le risque de détection. Ainsi, une application plus intense ou des peines plus sévères à la suite d’une condamnation peuvent favoriser des zones de culture plus petites et une plus grande puissance. Une puissance élevée peut donc être le résultat d’une application plus intense ou de sanctions plus sévères.

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Variation du coût des productions internes : les prix des cultures indoor, en particulier de la main-d’œuvre, de l’énergie et des terres, varient selon les pays. Là où la main d’œuvre est chère et la terre et l’électricité sont bon marché, les cultivateurs peuvent choisir de cultiver du cannabis à faible puissance. Ainsi, indépendamment de l’application de la loi, les variations de puissance peuvent refléter les différences économiques entre les pays.

En conclusion

Il ne fait aucun doute que d’autres études peuvent invoquer d’autres facteurs qui influent de façon plausible la puissance moyenne du cannabis. Comme pour la pureté sur les marchés de la cocaïne et de l’héroïne, la puissance du cannabis est une décision des producteurs, qui reflète en partie le goût du client. La variation de la puissance est probablement importante pour la santé publique, comme le font remarquer Freeman et ses collaborateurs, parce que le titrage par l’utilisateur est imparfait ; ceux qui consomment du cannabis à très forte puissance peuvent consommer davantage de THC. Ainsi, il serait utile d’étudier la question.

Tags : ConsommationDrogueEuropestatistiqueTHC