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Le développement de l’herboristerie et des plantes médicinales

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Le sénat rend publique ses conclusions concernant le développement des plantes médicinales et de l’herboristerie en France

A l’initiative du groupe RDSE, le sénat rend publique les conclusions des travaux concernant la “mission d’information sur le développement de l’herboristerie et des plantes médicinales, des filières et métiers d’avenir”. Dans un effort de réhabiliter le noble métier d’herboriste, le rapport nourri 39 propositions. Celles-ci visent à accompagner l’essor d’une filière porteuse en France, les métiers de l’herboristerie. Des centaines de spécialistes dans divers domaines furent interrogés. La science semble être en faveur d’un renouveau positif. Et cela, malgré un cadre réglementaire qui s’annonce d’hors et déjà complexe…

La France souhaite réhabiliter une filière de l’herboristerie

La mission a débattu de l’opportunité d’une renaissance de métiers d’herboristes et de formations reconnues et encadrées. D’un côté, cette évolution reviendrait à reconnaître une réalité. En effet, en réponse aux attentes des consommateurs, la France est en droit de disposer d’une information sérieuse sur l’usage des plantes médicinales. Aujourd’hui les plantes médicinales sont omniprésentes sur internet mais non canalisée sur le marché Français…

Jeudi 24 mai 2018, la mission d’information sur le développement de l’herboristerie et des plantes médicinales, des filières et des métiers d’avenir a organisé sa première audition.

L’herboristerie entre tradition et renouveau

Les plantes médicinales et l’herboristerie – qui en désigne le commerce – renvoient à des traditions de soins populaires, fondées sur des usages ancestraux. On parlait au Moyen-Âge
des « simples » par opposition aux remèdes plus complexes et coûteux. Les herboristes ont toujours existé et ont bénéficié d’un statut en France de 1803 à 1941.

Les pratiques liées à l’herboristerie se revendiquent de la transmission d’un patrimoine vivant. Tant culturel que naturel, tout autant qu’elles sont renouvelées par la recherche et
l’innovation… La redécouverte de traditions locales peut nourrir des avancées scientifiques dans des champs de plus en plus variés.

La mission propose de porter, avec d’autres pays, une démarche en vue de l’inscription des connaissances et savoir-faire liés à la culture et à l’usage traditionnels des plantes médicinales sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’Unesco. Et, de soutenir les formations en ethnomédecine et ethnopharmacologie etc.

La mission souhaite créer des jardins botaniques dans les écoles. Ici le projet d’une école primaire de Reims.

Les plantes médicinales, une filière à fort potentiel

Ce dynamisme est le reflet des aspirations d’une partie de la population. Les débouchés sont porteurs et de nouveaux marchés émergents voient le jour. Le marché de la santé et de la beauté naturelles représenterait en France plus de 3 milliards d’euros

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70 % de notre pharmacopée est issue du monde végétal.

La filière PPAM représente une opportunité de développement socio-économique durable des territoires. En particulier pour les départements d’outre-mer qui recèlent une richesse végétale longtemps oubliée… Elle montre que la préservation et la valorisation de la biodiversité peuvent être un levier au développement local.

« On va bouger en France, et on veut faire bouger les lignes en Europe et au niveau mondial. On est dans une situation d’urgence planétaire, et il est temps de changer l’ordre des choses, l’Organisation Mondiale de la Santé doit aussi être remise en question et se libérer de l’influence des lobbys. » Joël Labbé

La santé par les plantes

Intégrer les plantes médicinales à leur juste place au sein du système de santé, est une chose désormais possible. De par leur formation solide, les pharmaciens ont tout en main pour conseiller sur les plantes. Le déploiement de diplômes universitaires en phyto-aromathérapie dans les facultés de pharmacie (de 1 à 13 depuis 2000) traduit en outre un intérêt croissant des pharmaciens. Mais ce genre de diplômes intéressent aussi des professionnels ou auxiliaires de santé, ces formations sont ouvertes aussi pour eux.

« La France n’est pas que l’Hexagone, on a une richesse extraordinaire en Outre-Mer avec des savoir-faire préservés : 80 % de la biodiversité française s’y trouve. Réhabiliter les métiers d’herboristerie contribuerait au développement économique et à l’emploi, à la valorisation de leur culture, mais surtout à la préservation de l’environnement et la réparation des dégâts causés par le scandale d’Etat du chlordécone. » Joël Labbé

Il n’existe aujourd’hui pas un mais des métiers d’herboristes. En outre, aux côtés des pharmaciens, les herboristes de comptoir en boutiques spécialisées ou les paysans-herboristes, producteurs-cueilleurs, gardiens de savoir-faire traditionnels, assurent la vente directe de leurs plantes simples ou transformées, mais sont en attente de reconnaissance de leurs savoirs… La mission a débattu de l’opportunité d’une renaissance de métiers d’herboristes et de formations reconnues et encadrées.

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Les herboristes de la chaîne des Bauges en Savoie, France. Ils cultivent et vendent des plantes aromatiques et médicinales biologiques. La lavande a des propriétés antiseptiques, bactéricides, désinfectantes, calmantes, antispasmodiques et carminitives.

Sur ce sujet sensible, la mission a proposé la poursuite de la concertation avec l’ensemble des acteurs pour envisager les conditions d’une reconnaissance éventuelle de métiers d’herboristes. Pour se faire, on devra adapter les formations et les évolutions législatives correspondantes aux métiers.

Un cadre réglementaire complexe : la vente de plantes médicinales

Une même plante médicinale peut relever, pour sa commercialisation, de différentes catégories de produits auxquelles correspondent des statuts divers, des normes et des contrôles stricts :

  • statut de médicament (médicament traditionnel à base de plantes, préparation magistrale,les 546 plantes médicinales des listes A et B de la pharmacopée)
  • le statut de denrées alimentaires (dont les compléments alimentaires à base de plantes destinés à compléter le régime alimentaire normal en agissant avec un effet physiologique)
  • statut de produit cosmétique ou d’autres statuts (biocide, dispositif médical…).

Ce cadre segmenté, alors que les plantes sont par nature multi-usages, représente un véritable « casse-tête » pour les petits producteurs…

Depuis la suppression du métier d’herboriste en 1941, la vente des plantes médicinales dans un but thérapeutique relève des seuls pharmaciens dans le cadre du monopole pharmaceutique. La France est l’un des pays comptant le plus d’officines en Europe…

La mission propose de réexaminer la liste des 148 plantes médicinales « libérées » du monopole pharmaceutique. Ceci pour y intégrer des plantes des outre-mer ou des plantes ne présentant pas de risque d’emploi. En somme, en étudiant la possibilité de la compléter de leurs usages traditionnels reconnus et validés concernant « les petits maux du quotidien ».

La mission souhaite également l’établissement, au niveau européen, d’un cadre d’évaluation graduée des allégations de santé concernant les plantes utilisées. En tant que denrées ou compléments alimentaires, et le tout fondé sur la reconnaissance de leur usage traditionnel. Mais en intégrant cette fois-ci, les avancées des connaissances scientifiques. Cela permettrait de sortir d’une situation de blocage qui limite l’information des consommateurs et l’innovation dans le secteur…

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Tags : EuropeFranceplantes médicinales

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