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La légalisation opportuniste du cannabis thérapeutique au Liban

La légalisation du cannabis thérapeutique au Liban, une opportunité économique pour le 4éme producteur mondial de haschisch…

Le Liban est connu pour être l’un des principaux pays producteur de haschisch. La culture du  cannabis y est officiellement interdite. Et pourtant le Liban annonce revoir sa constitution pour autoriser une culture à des fins thérapeutiques. En outre, cette mesure pourrait rapporter près de 500 millions de dollars par an. La légalisation du cannabis thérapeutique semble être une véritable opportunité économique… Mais malgré les efforts des politiques, le Liban reste l’ un des principaux centre de narcotrafic dans le monde. 

La légalisation, une manne financière pour le Liban

Le président Nabih Berri a annoncé, le 18 juillet, que le Liban s’apprêtait à revoir sa législation pour autoriser la culture du cannabis à des fins thérapeutiques. Mais le Liban est reconnu par l’ONU comme le le 4e producteur mondial de haschisch… Une culture qui est totalement interdite, et passible d’amendes et de prison. Pourtant, cette culture se fait à ciel ouvert en vu des autorités… D’ailleurs, une boutade circulant au pays du Cèdre semble bien décrire la situation :

« Maman, je vais me marier avec un garçon originaire de Baalbek (dans la Bekaa). Il cultive du haschisch. – Tu es sûre qu’il ne te ment pas et qu’il n’est pas juste ingénieur ? »

En effet, les cultivateurs de la plaine de la Bekaa, dégageraient entre 1 million et 1,5 million de dollars par an… L’état est désireux de ne pas laisser cette manne lui filer entre les doigts.

Un rapport du cabinet de conseil international McKinsey & Cie, préconise “l’instauration de régions pour la culture du cannabis à des fins médicales dans un cadre légal”. L’autorisation d’une telle culture pourrait rapporter plus de 500 millions de dollars par an selon le ministère de l’Économie. En outre, le ministre du Travail Mohamed Kabbara a déclaré que :

“L’autorisation de la culture du cannabis à des fins médicales est profitable pour la société et générera des revenus. Tant qu’il n’y a pas de mal, il n’y a pas de problème. Et pour cela, l’agriculture doit être strictement limitée à des fins médicales”.

Selon The Guardian, le Liban est le troisième pays le plus endetté du monde. Et la Syrie en guerre a plombé son voisin… En effet, la croissance libanaise est passée de 9 % au début du conflit en 2011 à 2 % aujourd’hui…

Liban, un des principaux centre de narcotrafic dans le monde

C’est lors de la guerre civile libanaise (1975-1990) que la culture du cannabis connaît un véritable essor. Les diverses milices qui s’affrontent y voient un moyen efficace et rapide de se financer. L’entrée de l’armée syrienne dans le territoire libanais en 1976 voit l’implantation de plusieurs fermes de cannabis… Pourtant la consommation de cannabis en Syrie est très lourdement punie par la loi… Le régime tire un profit substantif du savoir-faire en la matière et du trafic international.

Un champ de cannabis du village de Yammoune, dans la vallée de la Bekaa.

Au milieu des années 1980, les agences de renseignement occidentaux estimaient la production au Liban, à plus de 1814 tonnes par an. Ce qui à l’époque, garantissait, en y ajoutant la production d’héroïne et de cocaïne, près de 4 milliards de dollars de profit annuel aux barons locaux de la drogue.

Le trafiquant de drogue Nouh Zaaiter pose avec des combattants du Hezbollah.

À partir des années 2000, les différents gouvernements libanais ont lancé des opérations destinées à éradiquer la culture du haschich et du pavot, qui font vivre des familles entières. Celles-ci n’ont de cesse d’en réclamer la légalisation. Les opérations de destruction, menées chaque année sur quelques milliers d’hectares, ont mené à des escarmouches armées avec plusieurs clans chiites. L’administration américaine a accusé le Hezbollah chiite de tirer un profit financier de la culture du haschisch dans la Bekaa, l’une de ses principales zones d’influence.

En 2014, le leader druze et ancien seigneur de guerre Walid Joumblatt, plusieurs fois élu député et plusieurs fois ministre, déclare sur Twitter.

“Il est temps d’autoriser la culture du haschich et d’annuler les mandats d’arrêt contre les personnes recherchées dans ce domaine”

La légalisation opportuniste du cannabis thérapeutique au Liban
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Tags : DrogueLoiPolitiqueTrafic
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