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Le Maroc interdit la culture du kif

Le Maroc est le principal exportateur de kif en Europe, mais sa culture reste illégale et propice aux trafiquants

Le Maroc est toujours le principal exportateur de kif en Europe. La culture du kif – résine de cannabis et aussi principal composant du haschisch a été longtemps cultivée dans la région du Rif en toute légalité.  Mais, sans réelle solution, le Maroc interdit la culture du cannabis, aux profits du lobby des trafiquants.

Le premier producteur de kif en Europe

Selon le rapport 2017 de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies, la majorité du cannabis consommé par les habitants de l’Union européenne importé de l’étranger provient du Maroc. Depuis 1956, année de l’indépendance du Maroc, cette culture est pourtant devenue contraire à la législation en vigueur. Des dizaines de milliers de familles vivant de ce commerce, ceci induit un problème sociétal d’envergure.

“L’herbe consommée en Europe est tantôt cultivée localement, tantôt importée de pays extérieurs”, indique le rapport. “Celle produite en Europe est essentiellement cultivée en intérieur (indoors), tandis que la plus grande partie de la résine de cannabis est importée, principalement du Maroc”.

Mesure contre les trafiquants

Naturellement, la production est passée aux mains des trafiquants. Notamment ceux localisés pour une bonne part en Hollande,  où la loi autorise la production des substances hallucinogènes. Néanmoins, les trafiquants marocains font face à de nouveaux concurrents.

“Les signalements récents révèlent des changements dans les itinéraires de trafic du cannabis: le trafic en provenance des Balkans occidentaux, et notamment de l’Albanie, est à la hausse pour l’herbe et l’huile de cannabis”, note le rapport. En cause: la culture croissante du cannabis dans ces pays. La Libye est également devenue “une plaque tournante importante du trafic de résine vers diverses destinations, dont l’Europe”.

Face au trafic, l’État marocain a envisagé de substituer les champs de cannabis par des champs de blé…  Hors le blé à un rendement dix fois inférieur à celui du kif marocain pour la même surface. Ce qui ne risque pas d’arranger les familles vivant de la culture du cannabis.

Un producteur à Ketama, la capitale du haschich

Sans véritables solutions, les petits producteurs de kif travaillent illégalement pour faire vivre leurs familles. La collaboration avec les narco-trafiquants est de mise, et ces derniers tirent un profit juteux sur le continent Européen…

Proposition de légalisation rejetée

Pourtant le PAM (parti de l’authenticité et de la modernité) a déposé en 2015 une proposition de loi au parlement pour légaliser la production de kif à usage médical et industriel. Mais la proposition a été rejetée par les autorités. Car elle risquait de mettre le feu aux poudres dans une région propice à la rébellion…

Le Maroc reste le premier producteur mondial de haschich. Son commerce illicite rapporte en moyenne 10 milliards d’euros par an aux réseaux mafieux.

En outre, les trafiquants de drogue ont un lobby puissant qui a fait penché la balance en défaveur d’une possible législation. Une autorisation de culture du cannabis sur le sol marocain occasionnerait un bouleversement considérable de leur système.

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Tags : KetamaLoiMarocTrafic
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