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Frenchy Cannoli, le père du Hashporn

Tout le monde le connaît sous le nom de Frenchy Cannoli. Il est devenu en quelques années une légende vivante du haschich … et du hashporn.

Après de nombreuses années à découvrir et étudier les anciennes techniques de productions de haschich, il les partage dorénavant avec le reste du monde.

C’est une histoire qui commence il y a des milliers d’années, très loin d’ici.

On suppose que la plante de cannabis est originaire des vallées himalayennes dans l’extrême nord de l’Inde, près de la frontière pakistanaise.

On y trouves des lieux tel que Malana, dans la vallée de Parvati.  Ce village isolé de la province de l’Himachal Pradesh à 3000 mètres d’altitude est entouré de champs de cannabis. C’est là que certains des charas les plus prisés d’Asie, appelés crème Malana, sont fabriqués.

Vallée de Parvati

Ici, les fruits de la récolte ne sont pas coupés et séchés avant d’être fumer comme dans les pays producteurs de haschich et aux Etats-Unis. Au lieu de cela, des bourgeons fraîchement coupés sont roulés dans les mains des moissonneurs, pendant des heures, afin de recueillir la résine collante dans de petites boules.

Souvent, le rendement de quelques grammes est le fruit d’une journée de travail.

Lorsqu’il y a assez de matière, elle est roulée dans une boule plus grande, ou en forme d’un morceau d’argile. Ce produit s’appelle “charas“. Son utilisation médicale et religieuse remonte à la nuit des temps.  Sous pression des américains, le charas a été interdit en Inde dans les années 80.

Récolte de la résine de cannabis sur les mains

Une vie consacrée au haschich

Frenchy Cannoli

C’est ainsi que Frenchy a appris au cours de ses voyages au Pakistan, au Népal, en Inde et au Maroc, à fabriquer le haschich, presque par hasard.

Lorsqu’il commence à fumé du cannabis à l’âge de 17 ans, Frenchy ne le connais que sous une forme. Il s’agit de blocs de haschich qui arrive en Europe via la contrebande issue du Maroc, de la Syrie, du Liban ou de la Turquie. Contrairement aux USA, le cannabis ne se retrouve que rarement sous sa forme florale.

À l’âge de 18 ans, il quitte la France pour faire le tour du monde en tant que fumeur itinérant.

«Pendant 20 ans, j’ai voyagé», dit-il.

Lors de ses pérégrinations, il s’est retrouvé dans la vallée de Parvati en Inde, non loin de Malana. Le charas l’attirait.

«Je n’étais pas là pour apprendre», dit-il.

“J’étais là pour faire ma réserve pour l’année. J’étais un clochard. J’y allais pendant quatre mois pour faire ma réserve et ensuite je repartais fumer sur la plage.”

Mais après la détente à Goa ou en Thaïlande, Frenchy revenait au froid et à la neige dans les montagnes. Et il y revenait toujours.

“Ces gens”, dit-il, “ils connaissaient vraiment, vraiment leur boulot.”

Il a passé huit saisons dans la vallée de Parvati, vivant dans des grottes et traînant assez longtemps pour que ses hôtes lui fassent confiance et lui montrent leur secret.

En réalité leur secret réside en quelques mots: beaucoup de travail.

Une expertise unique du haschich

Pendant plus de 40 ans il a appris, pratiqué et a presque perfectionné un style de fabrication de haschisch qui est pratiquement inconnu dans le monde actuel. Le tout dans un monde qui s’ouvre à un marché du cannabis de plusieurs milliards de dollars.

Un marché, certse petit mais en augmentation, émerge autour d’extraits de cannabis très puissants. Ces derniers reposent sur des solvants comme le butane ou celle bien plus onéreuse, de C02 .

Pour Frenchy, tout est naturel, avec de l’eau pour seul solvant, avec une méthode millénraire.

Des stages et des conférences

Frenchy organise dorénavant des conférences dans le monde entier sous forme de master class.

Il déballe le sac et découvre un grand bol de cuisine en métal, un grand cerceau en bois du genre utilisé pour faire des courtepointes et un morceau de filet de nylon tissé finement.

“Ceci,” proclame-t-il, “est une usine de haschich.”

Pendant quarante minutes, le public va suivre les moindres gestes de Frenchy.  Il étale délicatement sur le filet plusieurs sacs de shopping garnis de cannabis et de petits bourgeons.

Chez lui, le processus est légèrement plus complexe. Un mélange d’eau, de glace et de cannabis, se brasse dans un vortex. La résine étant collante, elle se manipule lorsqu’elle est froide.

Une fois se mélange fait, la plante est à la surface, et la résine tombe au fond. Il n’y a plus qu’à filtrer le tout. Attention, ne surtout pas jeter la plante en surface, car on peut en extraire à nouveau du haschich, en renouvelant le processus de six à dix fois!

Ce qu’il reste dans le filtre est la résine qu’il suffit de collecter. Il est à ce moment séché, et ce n’est qu’à cet instant qu’il est possible d’avoir une idée précise de la qualité de la production.

Après 10 heures de congélation et 30 heures de séchage, une dernière série de manipulations est nécessaire. Le haschich est alors pressé.

Tout est dans le pressage

Le secret de sa production réside dans le pressage du haschich.

Mis sous un film plastique, on l’aplanit à l’aide d’une bouteille remplie d’eau bouillante. Cependant, il ne s’agit pas simplement d’obtenir ainsi une mélange cireux. A l’instar de ce qu’il se fait à la main en Inde, ce procédé permet d’entamer la décarboxylation, lorsque le cannabis produit ses effets psychoactives sous l’effet de la chaleur.

Ainsi, bien plus efficacement que par d’autres méthodes,  les deux composants essentiels de la plante de cannabis – les cannabinoïdes et les terpènes – se conservent de cette façon.

Après le pressage, les boules , les bâtonnets ou les cannolis vieillissent et se transforment avec l’âge d’une manière similaire au procédé employé pour les vins.

La résine pressée est vieillie de quatre à huit semaines, jusqu’à plusieurs années. Le plus vieux hasch que Frenchy ait jamais fumé, dit-il, avait 10 ans.

“Il a un corps remplissant votre bouche”, dit-il. “Ceci, cette saveur, ça tapit ta bouche. Et puis derrière vous avez tous les niveaux de terpènes. “

Faire découvrir le haschisch au public américain

Les jours d’errance de Frenchy se sont terminés par la naissance de sa fille. En effet, il a déménagé dans la Bay Area à San Francisco, avec sa femme pour que leur fille puisse aller à l’école.

De plus, en 1996, la Californie autorisa le cannabis médical. A ce moment, ll fabriquait toujours du haschisch de façon traditionnelle, mais le marché du cannabis médical n’y voyait pas le moindre intérêt.

“Personne ne voulait mon produit”, dit-il. “Personne ne voulait de résine pressée.”

Contrairement à ce qui se passe en Europe, où le haschich est la norme, il n’a jamais occupé une grande place sur le marché américain.

Finalement, il a fait ce que n’importe quel vendeur confiant dans son produit ferait: il l’a donné.

Effectivement, les gens qui l’ont essayé sont revenus le voir pour en reprendre. Dorénavant, certains d’entre eux étaient des acheteurs dans les dispensaires, comme APOTHECARIUM de San Francisco, ELEMENTAL WELLNESS de San Jose, Buds and Roses, Medmen, Junge Boys, etc. à Los Angeles.

Lentement mais sûrement, une star du cannabis est née.

«Le haschich de Frenchy, en termes de saveur et de nez, n’a pas d’équivalent», explique Nick Smilgys, cofondateur de la startup du cannabis, Flow Kana. “Les notes que ses extractions font ressortir ne ressemblent à rien de ce que vous pourriez sentir ou goûter dans le cannabis.”

L’art de Frenchy a fait de lui une célébrité dans le monde du cannabis,  grâce à des vidéos pratiques sur YouTube, et son compte Instagram, où il a amassé près de 10.000 adeptes en moins de sept mois.

Un héritage à transmettre

(Courtesy photo)

La production de Frenchy est issue de savoir artisanaux. Ainsi il souhaite pouvoir conserver et transmettre cet héritage, mais aussi le protéger, à l’aide d’un label équivalent à l’AOC.

En effet, avec l’arrivée du cannabis récréatif, Frenchy se pose en garant d’un héritage venu de loin, aussi bien géographiquement que temporellement.

Cependant il rappelle modestement qu’il n’y est pour rien.

“C’est le produit le plus incroyable de tout le royaume des plantes”, dit-il. “Et nous avons de la chance de travailler avec.”

 

Frenchy Cannoli, le père du Hashporn
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Tags : French CannoliHaschich
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