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Le cannabis: addictif ou pas?

Peut-on parler d’une addiction au cannabis ? Les chercheurs se sont penchés sérieusement sur la question de la dépendance

L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) a récemment confirmé que la molécule de CBD, n’est pas addictive. Cependant il existe encore un débat autour de la capacité d’addiction du THC, la molécule la plus importante dans le cannabis.

Le débat autour de l’addiction au cannabis est particulièrement sujette à la controverse. Si les opinions sont souvent exacerbées, la science a effectué de nombreuses recherches en la matière, et les réponses sont bien plus subtiles qu’un simple oui ou non. De nombreux facteurs rentrent en jeu, montrant que le THC seul n’est pas déterminant. Petit point sur les résultats.

Le cannabis, pas d’addiction physiologique

Il n’existe pas dans le cannabis de propriétés addictives pouvant déclencher une dépendance. Ainsi, physiquement votre corps ne sera pas poussé à prendre plus de cannabis.

Contrairement à ​​la plupart des drogues, tels que l’héroïne, mais aussi des médicaments psychotropes, comme la ritaline , ​​l’adderall et à la majorité des médicaments vendus par ordonnance, le cannabis n’entraîne donc pas de dépendance de ce type.

Ce que cela signifie est que dans le cadre d’une dépendance physiologique, le corps à besoin de la substance addictive afin de pouvoir fonctionner “normalement”. Sans la présence dans le corps de la drogue, il se met à montrer des signes de troubles, indépendamment de la condition psychique de la personne. Ses troubles sont particulièrement sévères, et peuvent entraîner la mort.

Le cannabis ne possède pas de composant chimique  induisant une dépendance physique, le THC ne permettant d’entraîner de tels réactions physiologiques.

Une dépendance psychologique

Si une substance peut ne pas entraîner une dépendance physique, il peut en être tout autrement concernant la dépendance psychologique. Il est fréquent d’accorder au cannabis ce type précis de dépendance. Qu’en est-il réellement? La réalité est bien plus complexe et n’est pas lié spécifiquement au cannabis.

Le cannabis n’est pas plus addictif en réalité que n’importe quel produit permettant au cerveau de secréter de la dopamine… et pratiquement tout ce qui donne du plaisir lui permet d’en secréter. Il s’agit d’un système connu de récompense lié au mécanisme du cerveau.

Cette dernière apporte une sensation allant de la simple détente à un profond réconfort, en passant par le bien-être. Ce type de soulagement permet à de nombreuses personnes une meilleur capacité à tolérer les problématiques du quotidien.

Ainsi, plus les problèmes sont importants, plus la recherche d’un moyen d’y faire face se fait ressentir.

Les symptômes du “Cannabis Use Disorder” (CUD)

Il existe cependant un phénomène appelé “cannabis use disorder” ou CUD à ne pas négliger totalement. Le CUD est un désordre psychologique lié à une mauvaise consommation de cannabis.

Dans le cas du CUD, des indices peuvent indiquer qu’il existe une forme de dépendance pouvant être lié à certains facteurs. La facilité avec laquelle on peut se procurer du cannabis, la pression du groupe, une faible estime de soi, ou même d’autres facteurs tel que le décès d’un parent étant jeune ou la cadre socio-économique.

Autant d’éléments qui ne sont pas directement lié à la chimie de la molécule et son interaction avec les capteurs dans le corps.

Ainsi, contrairement aux drogues tel que l’alcool, la cocaïne ou l’héroïne, le CUD trouve son origine essentiellement dans des facteurs psychologiques.

Dans le cas d’une dépendance physique, le corps a besoin impérativement de la substance afin de pouvoir fonctionner. Sans cela, il subit un effet de manque, tel qu’on le retrouve dans le cas de l’alcoolémie. Ces signes de dépendances sont si sévères qu’ils peuvent nécessiter une hospitalisation et même entraîner le décès de la personne. Rien de tout cela n’apparaît dans le CUD.

Des signes à surveiller

Cependant voici certains symptômes apparaissant dans le cas du CUD à prendre en compte:

  • Une augmentation de la consommation,
  • La difficulté à réduire la consommation
  • Le temps que l’on y consacre
  • Une envie trop forte de cannabis
  • Des difficultés à remplir des obligations personnelles ou professionnelles
  • Des relations avec les autres affectées
  • Le développement d’un seuil de tolérance nécessitant une augmentation des doses, et
  • Certains signes de manque.

Combien de personnes sont affectées ?

Sur le nombre total de consommateurs de cannabis, le pourcentage ne dépasse pas les 10% aux U.S.A., ce qui est relativement faible pour une substance aussi décriée. En France, même l’INSERM, dans un document portant sur les risques liés au cannabis est obligé d’admettre que le “risque de dépendance est assez faible” et lorsque cité par des sites pourtant opposés au cannabis, on n’y retrouve que des estimations allant de 5 à 10% des consommateurs.

Peut-on appeler cela de la dépendance ?

Un phénomène intéressant: lorsque l’on supprime la source du problème entraînant la consommation de cannabis, ce que l’on appelle la “dépendance” cesse automatiquement.

Le cannabis devient alors quelque chose que l’individu utilisera ou non, totalement librement, sans pressions du subconscient ou du corps.

Ce processus de disparition de la dépendance n’existe pas dans le cas des drogues entraînant une dépendance physique.

Le cannabis, une aide au sevrage

Contrairement à ce que l’on peut croire, le cannabis n’est pas une porte d’entrée vers d’autres drogues.

Ce serait plutôt le contraire
Le cannabis est de plus en plus utilisé comme “Herbe de sortie” pour aider les toxicomanes à arrêter de prendre de la drogue.

héroïne

Les problèmes psychologiques sont plus faciles à gérer et à comprendre lorsque le bon cannabis est utilisé.

Le cannabis aide considérablement à atténuer une variété de complications découlant d’un sevrage lié à une drogue tel que l’héroïne. Suppression des nausées, confort, euphorie légère (avec les souches adaptés), contrôle de la douleur et bien plus encore.

Une solution anti-douleur non-addictive

Poursuivant dans cette voie, et prenant conscience du potentiel du cannabis, des médecins se sont basés sur la propriété de la plante afin de développer de nouveaux anti-douleurs.

Leurs particularités étant de n’avoir pas d’effets addictifs.

Ainsi une récente étude menée par l’Oregon Health & Science University indique de nouvelle méthode de traitement des douleurs chroniques. Et bien évidemment la solution se trouve dans le cannabis.

En effet, l’un des risques importants qui accompagnent le traitement de ce type de douleurs est la dépendance médicamenteuse.

La recherche s’est focalisée sur les récepteurs CB1 et CB2, dans les cas de douleurs inflammatoires. Ce type de douleurs augmente l’activité des CB2, et reduit celle du CB1.

En quoi est-important? Car le CB2 permet de réduire la douleur, et le CB1 est lié à l’addiction. Dans cette situation, en activant de manière intelligente les capteurs CB2, tout en minimisant le CB1, on peut avoir un anti-douleur évitant l’effet de manque.

le CB1 agit sur l’addiction, le CB2 agit sur la douleur

Certains cannibinoïdes que l’on trouve dans le cannabis sont en effets plus susceptibles d’agir sur le CB2.

Ainsi des médicaments se focalisant sur le système endocannabinoïde induise production d’analgésique doté de moins d’effets secondaires que les traitements à base d’opioïde.

Alors, addictif ou pas ?

La réponse est donc à la fois simple et complexe.

Clairement, le cannabis n’engendre pas d’addiction physique, à l’instar de l’alcool ou de l’héroïne, ou bien-même de certains analgésiques.

Cependant, il peut y avoir une dépendance différente, plus psychologique, dont les facteurs externes vont impacter la consommation: l’âge du premier joint, rythme de consommation, état psychologique général. Si cette dépendance n’est nullement comparable à d’autres, et n’a jamais conclus au moindre décès, il faut néanmoins rester vigilant. Comme dans toute chose, la modération doit être la norme.

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Tags : AddictiondépendanceRecherche
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