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En fonction de notre ADN, le cannabis agit différemment sur chacun

Certaines personnes sont plus sensibles au cannabis que d’autres. Des variations génétiques selon les individus modifient la métabolisation du THC et la sensibilité au cannabis.

Le domaine qui étudie comment vos gènes affectent votre réponse au cannabis s’appelle la pharmacogénétique. Et cela peut avoir une influence sur les résultats de chacun à un test de dépistage du cannabis.

Il existe de nombreuses protéines différentes qui affectent la façon dont le corps réagit face au cannabis. Chacune de ces protéines est codée par un gène. Chaque gène a des variations à des endroits spécifiques appelés polymorphismes génétiques.

Un gène particulier pour une protéine spéciale: le CYP2C9

Le nom de CYP2C9 évoque aussi bien la protéine que le gène qui est en charge de la produire dans notre ADN.

Comment le corp métabolise le THC afin de l’éliminer?

Il faut avant tout comprendre comment le corps métabolise le THC. Le corps produit des enzymes afin de métaboliser les composants du cannabis.

Ces enzymes modifient chimiquement les molécules dans le but de les détoxifier et de les retirer du corps.

Ce processus s’effectue en deux étapes:

  • Le THC est métabolisé en un métabolite psychoactif, le 11-OH-THC.
  • Ensuite Le 11-OH-THC est métabolisé en un métabolite inactif THC-COOH.

Ces deux étapes sont effectuées principalement par la même enzyme: le CYP2C9.

Ainsi le gène CYP2C9 fabrique une enzyme du même nom qui décompose le THC.

Une fois le THC-COOH fabriqué, une autre enzyme, l’UGT, permet d’y accrocher un glucuronide. Cette molécule est le signal pour le corps de l’évacuer par la vessie… et d’être donc détectable par test urinaire.

Le THC-COO glucoronide s’évacue du corps

Les variations de ce gène peuvent causer une différence allant du simple au triple dans la capacité à métaboliser le THC. Cela entraîne des variations dans la durée et l’intensité des effets du cannabis selon les personnes.

Savoir dans quelle catégorie on se trouve est important. Cela permet de prédire combien de temps attendre avant de passer un test de dépistage après avoir consommé du cannabis. Ainsi pour certaines personnes quelques jours suffisent pour éliminer la molécule de leur corps et d’autres nécessitent jusqu’à 30 jours.

Trois catégories de porteurs du gène CYP2C9

Nous n’avons pas tous la même “version” du gène CYP2C9.

Tout comme il existe des variations dans les gènes qui influent sur la couleurs des yeux, il en est de même pour le gène CYP2C9. Chaque individu va donc réagir différemment au cannabis selon son code génétique.

Il existe trois types de variantes chez l’être humain concernant le gène CYP2C9:

AA – Les individus possédant l’enzyme CYP2C9 la plus efficace, dite CYP2C9 * 1. Elle décompose le THC le plus complètement et rapidement. Les personnes porteuses de ce gène éprouvent moins de somnolence en consommant du cannabis.

AC – Les porteurs de ce gène sont intermédiaires entre AA et CC

CC – Les personnes dotées de l’enzyme CYP2C9 la moins efficace, dite CYP2C9 * 3 . Elle ne dégrade pas le THC aussi efficacement. Il y a une plus grande probabilité de somnolence à cause du cannabis. Ainsi CC ont signalé plus de somnolence et un effet plus long de l’ingestion de THC comme le montre le graphique ci-dessous. Les participants à l’étude, en 2009, ont rapporté leur expérience sur une période de 3 jours. Et, fait intéressant, les variantes CC ont montré une augmentation significative de la somnolence 72 heures après la consommation.

Variations de la somnolence selon le type de gène

Concrètement, les porteurs CC métabolisent 30% de moins le THC que les porteurs AA.

La métabolisation du THC varie du simple au triple

Des différences d’effets selon que l’on fume ou que l’on ingère le cannabis

Il est important de noter les différences entre fumer et ingérer le cannabis par voie orale.

En mangeant du THC, le processus de décomposition commence dans l’intestin, donc le CYPC29 commence à agir avant même d’en ressentir les effets planants.

Donc, cela affecte à la fois les effets psychotropes et la durée. Quand il est fumé, le CYP2C9 a moins d’effets , mais la durée de l’effet sera aussi long qu’en l’ingérant. Cela influe donc également la manière dont l’enzyme va fonctionner sur le THC.

Le CYP2C9 et les tests de dépistage du cannabis

Le THC ne reste pas longtemps dans le corps. C’est pour cela que les tests de dépistage ne se focalise pas sur le THC.

Ces tests recherchent le métabolite produits par le CYP2C9, le THC-COOH. Ce dernier peut rester présent dans le corps pendant une trentaine de jour.

A moins d’être porteur du gène CC.

En effet, comme ce gène métabolise mal le THC, il a moins de possibilité de le transformer en THC-COOH, la molécule rechercher par les tests! Un test urinaire ne pourra pas ainsi le détecter au bout de quelques jours, alors qu’un porteur du gène AA devra attendre plus d’un mois.

Le gène CYP2C9: un facteur des effets du cannabis, mais pas le seul

Cependant, ce gène n’est pas le seul éléments influençant la manière dont chacun réagit au cannabis. Par exemple, il existe d’autres variations génétiques qui peuvent influencer l’efficacité du CYP2C9.

On comprend donc mieux l’intérêt d’effectuer un test génétique afin de déterminer la manière dont on réagit au cannabis, et aussi de vérifier comment les tests de dépistage peuvent être plus ou moins efficace.

Sur internet, de nombreuses sociétés proposent de décoder son code génétique, et de déterminer dans quel groupe chacun se situe.

En fonction de notre ADN, le cannabis agit différemment sur chacun
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