Le Zamal, le cannabis sativa de La Réunion

Le Zamal, le cannabis très Sativa de La Réunion

L’île de La Réunion présente une flore particulièrement variée. Plus de 1 000 espèces de plantes se sont progressivement installées, au gré des courants marins, des cyclones et des migrations. Avec plus de 100 micro-climats, des sols d’âges différents la Réunion présente des conditions particulières, idéales pour l’implantation d’une flore… C’est le cas avec cette plante de cannabis sativa, la locale, une souche particulière, le Zamal.

L’histoire du zamal

La présence du Zamal à la Réunion est ancienne. Sur cette petite ile isolée dans l’immensité de l’Océan Indien, la dispersion naturelle des pollens est très réduite. La flore indigène a tendance à conserver durablement des caractéristiques stables.

Au 19° siècle, les engagés hindous ont amené ce qu’ils appelaient « bakka » ou « bonga », alias le chanvre indien. Ainsi les esclaves utilisaient le zamal au cours de cérémonies spirituelles ou pour usage personnel à titre de réconfort.

« Les poches remplies de zamal, la pile plate à la main, le rhum coule dans les gorges assoiffées, et les esprits s’échauffent. » Isabelle Hoarau, Signes, nouvelle du recueil Réunionnisme.

Par la suite, le Zamal fut d’usage « traditionnel », parfois festif, pour célébrer la fin des récoltes. Mais on l’utilisait pour l’usage domestique, et bien souvent… L’aspect quasi mystique du Zamal se retrouvait aussi dans les combats de coq, lorsqu’on le frottait sur les coqs bataille pour accroître leur combativité. Ou lorsqu’on le donnait à manger aux poules pour les rendre meilleures pondeuses…

« Oté la Réunion !!!! »

Le zamal était également prisé chez les anciens, les gramouns qui en faisaient des décoctions aux vertus thérapeutiques. En effet, ce Sativa était utilisé pour calmer l’asthme, les angoisses, la dépression et les douleurs du bas-ventre. En outre, on le fumait lors de réunion entre gramouns. A la fin des années 1960, cet usage traditionnel chez les gramouns s’est effacé progressivement au profit d’un usage plus récréatif.

Les lignées du Zamal

Zamal est l’appellation à « La Réunion » du cannabis ou chanvre indien. Cette appellation locale dérive du mot malgache zamala. Le Zamal est cultivé à La Réunion de manière illégale, l’espèce naturalisée est considérée comme envahissante… Ce Cannabis sativa L se décline dans l’île en une sous-espèces : Cannabis sativa L. subsp. indica (Lam.) E. Small et Cronquist. On parle parfois de les classer par kalité :

  • kalité mangu’carot : une variété dont les terpènes donnent un goût de carotte-mangue. Ses origines sont d’Afrique et de Madagascar
  • fil rouz : les pistils rouge lors de la floraison, typique d’une herbe qu’on trouve à Mafate
  • le grain : une plante bien fournit en graines
  • sek o pié ou sek o pat : une variété très résineuse qu’on estime originaire d’Afghanistan
  • kalité poiw ou gratelle : une autre souche aux terpènes très épicés

La puissance du Zamal est légendaire, psychédélique. Toutefois son temps de floraison fait parti des plus longs de toutes les souches de cannabis. En effet, il faudra jusqu’à 9 mois (au mieux) pour que ce Sativa atteigne sa maturité…

Le Zamal n’est jamais trop discret…

Cultiver du Zamal en intérieur révèle du défi, outre ses 12 à 16 semaines de floraisons, le Zamal à une taille impressionnante… Cette plante prolifère vite, elle est très vigoureuse, tout en étant très lente à la maturation… Plus on taille le Zamal, et plus il se rependra en largeur… En extérieur vous pouvez comptez sur facilement 4,5m de haut, 3m de large et plus d’1kg à la récolte… On comprend mieux pourquoi cette souche de cannabis est considérée comme « envahissante »…

« kalité mangu’carot » (croisé K1)

« Pouvoir se soigner avec le Zamal »

Tout est utilisé dans le Zamal, les feuilles, les fleurs et les graines. Le Zamal, en tant que chanvre indien Sativa,  soigne les affections douloureuses du tube digestif, que ce soit un ulcère ou un cancer… Le Zamal est très bénéfique pour les affections des voies respiratoires comme l’asthme et les bronchites. Il élimine la tension musculaire et soigne le glaucome.

Il a aussi une action efficace pour réduire les spasmes musculaires et détendre les muscles. Officieusement sur l’île, il  serait utilisable dans le traitement de la sclérose en plaques. Il calme l’hyperactivité cérébrale, les migraines, les névralgies, les affections urinaires et les troubles psychiques. Il soulage aussi les rhumatismes, l’arthrite et les douleurs menstruelles. D’autre part les graines sont très nutritives, et laxatives.

Les « cannabis social clubs » à La Réunion

La passion de la cannabiculture est vivace à La Réunion. Les locaux sont conscient du patrimoine génétique de la plante. Des groupes contournent la loi. On compte 14 centres installés dans toute l’île, et plus d’une centaine de membre. La principale « clientèle » recherche les vertus médicinales du Zamal. En témoigne le Cannabis Social club 974, dont le but est aussi de lutter contre le marché noir.

Membre du Cannabis social club 974

« Ayant une consommation responsable à but thérapeutique, il est très difficile, de nos jours, de se fournir en Zamal de qualité dans la rue et encore moins lorsqu’on recherche du matériel de bonne qualité pour faire nos extractions médicales. On connait tous maintenant les vertus du cannabis pour la santé, je ne vois pas pourquoi il nous serait défendu de nous soigner de la façon dont nous le voulons », témoigne le président du cannabis social club de La Réunion.

Mais la législation française condamne à 3750 euros d’amende, ou un an d’emprisonnement pour consommation de cannabis. Quant à la production… même pour usage personnel, celle-ci est passible d’une peine maximale de 20 ans de réclusion criminelle… Ou bien d’une amende pouvant aller jusqu’à 7,5 millions d’euros. Ce qui ne refroidit pas le trafic dans l’île…

… saisie importante à Saint-Louis !

« les trafiquants, de plus en plus, sans vergogne, ont dévié l’utilisation de la plante à des buts commerciaux, générant chaque jour une manne de bénéfices qui pourraient être utilisés pour le développement de notre département »

Une dépénalisation se fait attendre, comme sur le continent… Une autorisation partielle du cannabis, serait la législation idéale pour les CSC de l’île. En outre, une légalisation totale de la vente de Zamal pourrait avoir des effets bénéfiques pour les finances de l’Etat, et le développement économique de La Réunion.

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