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La psilocybine favorise la croissance de nouvelles cellules du cerveau

Le champignon magique favorise la neurogénése

La psilocybine peut soulager l’anxiété & le syndrome de stress post-traumatique

Les gens qui ont consommé des champignons psychédéliques rapportent souvent des expériences expansionnistes et transcendantes. Des preuves scientifiques semblent expliquer ce que tant d’entre eux ont déjà expérimenté de première main… La psilocybine et la psilocine sont les ingrédients chimiques du champignon responsable de ses effets psychédéliques, ils peuvent favoriser la croissance de nouvelles cellules du cerveau de façons « connectées » qui pourraient être utilisés pour traiter diverses affections mentales comme la dépression et le syndrome de stress post-traumatique.

Le champignon « sacré »

L’usage des champignons hallucinogènes existe depuis 3500 ans. Ils faisaient parties des rituels des Aztèque du Mexique, lors des rituels religieux. Ils étaient nommés «La chair de dieux», dont la consommation était supposée donner des pouvoirs religieux suprêmes et des visions de l’avenir.

Des châtiments sévères étaient prévus chez les Aztèques pour ceux qui utilisaient les vertus des champignons sans bonne raison spirituelles.

Au XVI siècle, au Mexique, un moine Bernardino de Sahagun mentionnait l’usage de champignons et en fait une remarquable description.

Bernardino de Sahagun

«Il y a dans ce pays un petit champignon appelé «Téonanacalt», qui pousse sous le foin, dans les champs et les déserts. Il est rond, son pied est haut, mince et cylindrique. Le champignon a mauvais goût, fait mal à la gorge et enivre. Il est médicinal contre les fièvres et la grippe. On en mange deux ou trois, pas davantage. Le champignon cause des hallucinations et des angoisses précordiales.»

Vers la fin de 1800, on isole le principe actif de l’argaric volant : La muscarine – 1950 – Sur un champignon nommé l’argaric téocanacalt (chair de dieu) Albert Hofmann, synthétisa le principe actif d’un Psilocybe mexicana Jalisco – Une variété collectée entre Guadalajara et Talpa et que c’est cette variété qui a permis au Dr. Albert Hoffman d’isoler la psilocybine et la psilocine. Les Aztèques utilisaient cette « chair des dieux » il y a 2000 ans, elle a été redécouverte en 1956 par le botaniste Roger Heim.

Psilocybe mexicana Jalisco

Les champignons semblaient prometteurs pour traiter la détresse chez les patients atteints de cancer. Mais les études sur l’utilisation médicale des psychédéliques ont cessé au début des années 1970. Du fait d’une répression réglementaire sur les drogues, suite à leur large utilisation récréative. Elles ont lentement repris ces dernières années.

La psilocybine & la psilocine

Deux principes actifs sont rapidement identifiés par A. Hoffmann et leur structure confirmée par synthèse totale : La psilocybine, 4-phosphoryloxydiméthyl tryptamine et la psilocine, son dérivé déphosphorylé 4-hydroxydiméthyl tryptamine, forme active. Plus tard, un autre dérivé actif, la baeocystine est caractérisée comme étant la 4-hydroxymonométhyl tryptamine.

En raison de leurs effets et de l’analogie structurale avec la sérotonine (5-hydroxy tryptamine). La sérotonine est un médiateur chimique de certains neurones cérébraux, ces dérivés ont suscité à l’époque un grand intérêt auprès des pharmacologues, des psychopharmacologues et de la psychiatrie.

Les champignons magiques peuvent créer des hallucinations vives de choses étranges et fantastiques, telles que des formes géométriques abstraites.

Les « reviviscences , événements passés, oubliés ou refoulés s’imposent sous l’action du produit. En même temps qu’une levée des inhibitions et du contrôle de soi. L’apparition de phénomènes hallucinatoires, faisaient espérer des avancées dans le domaine de la connaissance du cerveau.

Neurogenèse constatée chez les souris

Une étude menée par des chercheurs de l’Université du Sud de la Floride a découvert que la psilocybine induit une neurogenèse dans le cerveau des souris. Dans l’étude, les scientifiques ont entraîné les souris à avoir peur de certains sons…

Ils ont ensuite administré de la psilocybine à un groupe de souris. Ils ont constaté que les souris qui avaient reçu le médicament ont été capables de désapprendre leur peur plus rapidement et plus complètement que celles qui n’ont pas reçu de psilocibine. Leur cerveau avait démontré une croissance importante des cellules. Les scientifiques impliqués dans le projet croient pensent qu’il est possible d’utiliser la psilocybine pour aider les humains à faire face à diverses maladies mentales.

« Les chercheurs pensent que la psilocybine est liée aux récepteurs du cerveau qui stimulent la croissance et la guérison, agissant sur l’hippocampe, une petite partie du cerveau qui est essentielle à l’apprentissage et la formation des mémoires », un article publié par reset.me. – « Puisque PTSD est pensé pour résulter d’une réponse semblable dans laquelle les patients ne peuvent pas séparer un stimulus d’un événement traumatique, psilocybin pourrait peut-être les aider à guérir leurs cerveaux juste comme il a fait pour les souris. »

Le Dr Briony Catlow, un chef de file de l’étude, a expliqué que la mémoire, l’apprentissage et la capacité de réapprendre qu’un stimulus autrefois menaçant n’est plus un danger dépend absolument de la capacité du cerveau à modifier ses connexions.

 » La Psilocybine facilite l’extinction de la réponse à la peur classiquement conditionné, et ce, et des agents similaires, devraient être explorées comme traitements potentiels pour le syndrome de stress post-traumatique et les conditions connexes», concluent les chercheurs.

La psilocybine, crée un cerveau hyper-connecté

Une étude britannique de la Royal Society permet de voir l’activité cérébrale quand celle ci est conditionnée aux drogues psychédéliques. En effet, les champignons hallucinogènes provoqueraient une expansion de l’esprit en hyper-connectant les réseaux neuronaux entre eux. Ainsi, pour parvenir à ces résultats, les chercheurs ont administré par intraveineuse une pilule de psilocybine à une demi-quinzaine de volontaires. Ils ont ensuite effectué des examens IRM sur chacun d’entre eux.

En bleu, une diminution de l’activité cérébrale dans certaines zones du cerveau après une injection de psilocybine

Les scientifiques ont alors constaté qu’un nouveau type d’ordre semblait émerger dans le cerveau. Lors d’une activité cérébrale normale, il y a peu de liens entre les différents réseaux neuronaux du cerveau. Mais sous l’emprise de psilocybine, des méta-réseaux qui n’ont jamais été reliés se rejoignent soudainement pour former un ensemble hyper-connecté.

À gauche, une activité cérébrale normale. À droite, le cerveau stimulé par la psilocybine contenue dans les champignons hallucinogènes.

Les chercheurs ont ainsi constaté une augmentation de l’activité cérébrale dans les méta-réseaux liés à la pensée émotionnelle. Une sorte d’expansion de l’esprit proche des phénomènes observés lorsqu’une personne rêve. De quoi expliquer comment les drogues psychédéliques produisent leurs effets psychotropes et un état de conscience accru. Le phénomène est symbolisé par des expériences sensorielles confuses et intenses comme les hallucinations visuelles et auditives. Ces résultats font directement écho à des études antérieures. Ainsi que celles qui ont récemment suggéré que les champignons pouvaient être utilisés pour traiter la dépression.

Etudes cliniques concluantes

Deux études cliniques américaines en 2016 ont prouvé l’efficacité du champignon dans le traitement du cancer. En effet elle permet aux malades, de donner un coup de pouce non négligeable au moral. 80% des 29 patients ont testé le produit à base de psilocybine, et ont ressenti des bienfaits psychologiques persistants. Et ceci sans développer d’effets indésirables. Les tests menés en partie au centre médical Langone de l’Université de New York, permettent désormais de savoir :

« qu’une seule dose d’un hallucinogène contenu dans des champignons psychédéliques soulage l’angoisse et le stress mental des personnes atteintes d’un cancer quand ce traitement est combiné à un soutien psychologique.», explique le journal les Échos.

Les malades longtemps en dépression ont déterminé une amélioration significative. Ainsi que de leur vie et de leur comportement durant plusieurs mois après l’injection de psilocybine. Le principal ingrédient actif du champignons hallucinogène active les zones du cerveau sur lesquelles agit la sérotonine, le neurotransmetteur déterminant l’humeur, l’anxiété et la « foi ».

Sérotonine – molécule de la « croyance »

Le professeur Stephen Ross, principal auteur des études, estime que :

« Si des essais cliniques plus étendus confortent ces résultats, nous pourrons alors envisager la commercialisation d’un médicament sûr, efficace et bon marché prescrit de façon strictement contrôlé pour soulager la détresse psychologique qui accroît le taux des suicides chez les cancéreux ».

Reconnaître le potentiel thérapeutique de la psilocybine soulève des questions sur l’interdiction légale actuelle des États-Unis des champignons psychédéliques.

De nos jours une expérimentation « modeste » est possible via les growkits; la boite de culture est légale, le champignon en lui même non…

De même que de nombreux activistes, amateurs et scientifiques travaillent à attirer l’attention sur les bienfaits du cannabis pour la santé. Les scientifiques comme ceux qui participent à ce projet font de même pour les champignons.

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